Deux ans après sa fondation, l’Institut Terram, qui a déjà rassemblé Airbnb, Engie ou encore Veolia autour de lui, continue de séduire des entreprises souhaitant ajouter une dimension territoriale à leur stratégie d’affaires publiques. À l’occasion de son assemblée générale annuelle, jeudi 2 juillet, le think tank dirigé par Victor Delage, ex-responsable des études de la Fondapol, a signé de nouveaux partenariats, notamment avec Nestlé et L’Oréal.
Cet institut est présidé par l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen, naguère à la tête des éditions Actes Sud, qui ont démontré qu’il était possible de concurrencer les grandes maisons d’édition sans quitter Arles.
Il comble depuis 2024 un vide : en bonne intelligence avec Victor Delage, les entreprises et établissements publics présents au conseil d’administration (CA) contribuent à la réflexion sur les thématiques pertinentes des études à produire par le think tank et se placent ainsi sur le terrain de l’intérêt général.
Les études de Terram sont ensuite commandées par le directeur général de Terram et son comité scientifique, au sein duquel se côtoient le géographe Jacques Lévy et des chercheurs de la jeune génération. Parmi eux figurent Aurélie Jean, figure de la science algorithmique et entrepreneuse, et l’énarque David Djaïz, essayiste et consultant, qui apportent une touche « pop », attractive pour les médias.
Des poids lourds au CA
Au conseil d’administration de Terram, dans sa nouvelle composition, siègent désormais la directrice des relations extérieures de L’Oréal France, Elsa Chantereau, et le président du directoire de la Société des grands projets (ex-Société du Grand Paris), Jean-François Monteils, aux côtés des représentants des partenaires fondateurs : Axa, Macif, Engie et la Mutualité française.
Ils y côtoient Laurent Obadia, directeur de la communication de Veolia, ou encore Myassa Djebara, responsable de l’engagement territorial et sociétal d’Airbnb France.
Parmi les nouveaux mécènes-partenaires extérieurs au CA, Nestlé France fait une entrée remarquée, représenté par son directeur des affaires publiques, Fabio Brusa. Le géant de l’agroalimentaire soutient actuellement le projet gouvernemental de consigne des bouteilles plastiques pour leur recyclage, une mesure taxée de « greenwashing » par certains élus et plusieurs associations.
Le lobby France Gaz Liquides et la Fédération des élus des entreprises publiques locales sont, eux aussi, devenus membres de Terram à l’occasion de l’assemblée générale.
S’il ne finance pas le think tank, Havas Territoires a contribué à l’organisation de sa soirée de lancement et effectue occasionnellement des mises en relation. La directrice générale adjointe d’Havas Paris, Arielle Schwab, a vu son siège au conseil d’administration être renouvelé en tant que personnalité qualifiée.
Une autre manière de parler des entreprises
Les mécènes de l’Institut Terram fournissent parfois leurs données afin de nourrir les études. S’appuyant sur la notoriété du politologue Jérôme Fourquet, le think tank a largement diffusé, en octobre 2025, son « Anatomie de la France Airbnb », nourri de données internes inédites. La publication de cette étude avait été accompagnée d’une offensive de communication de la part de la plateforme américaine afin de promouvoir son ancrage dans la France des bourgs.
En mars 2026, l’essayiste Jean-Laurent Cassely a proposé « une lecture inédite des territoires à partir d’un objet banal et souvent invisibilisé : le mégot de cigarette ». Ce travail a servi de support de communication à Alcome, éco-organisme financé par les multinationales du tabac pour réduire la présence des mégots dans l’espace public.
Le groupe Veolia avait, lui aussi, fourni des données pour une étude de Terram sur la réutilisation des eaux usées, à laquelle il a fait référence dans sa communication en février 2026.
Lors de l’assemblée générale du 2 juillet, Victor Delage a, parallèlement, fait entrer au conseil d’administration, en tant que personnalités qualifiées, Gabrielle Légeret, directrice générale de l’association De l’or dans les mains, qui réhabilite les métiers manuels, Olivier Landel, administrateur de la banque des collectivités locales AFL, et Théo Bouchardeau, directeur général de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), adhérente de la FNSEA.
Le 10 juillet, l’Institut Terram présentera les résultats de son étude réalisée par le géographe Arnaud Brennetot sur l’engagement des dirigeants de TPE dans la vie locale, avant de se pencher, toujours en juillet, sur le tourisme puis, plus tard, sur la décentralisation.