L’Institut Terram appelle à repenser en profondeur la gestion énergétique en Outre-mer

Garantir une électricité accessible n’est pas suffisant : c’est tout le modèle énergétique des Outre-Mer qui doit être repensé. C’est la conclusion d’une étude récente de l’Institut Terram, think tank spécialisé dans l’analyse des territoires, conduite par Lova Rinel, commissaire à la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Loin de se limiter à la question de la péréquation tarifaire – ce mécanisme qui permet aux habitants d’outre-mer de payer l’électricité au même prix que dans l’Hexagone – le rapport de l’Institut Terram met en lumière des inégalités structurelles qui pèsent lourdement dans les départements et régions d’outre-mer.

Classés comme ZNI, ou zones non interconnectées aux grands réseaux électriques nationaux et continentaux, les territoires ultramarins font face à des contraintes spécifiques. Plus exposés aux coupures, souvent dépourvus de stratégies de long terme, ils sont gérés selon une logique de court terme qui vise surtout à maintenir l’existant.

Le rapport souligne par exemple que la vague d’installations de panneaux solaires et de batteries, censée accélérer la transition énergétique, n’a pas toujours été adaptée. Les équipements importés se révèlent parfois inadaptés aux climats tropicaux humides ou aux contraintes géographiques locales.

Vers un nouveau pacte énergétique et industriel

Pour l’Institut Terram, il est urgent de dépasser cette logique d’ajustement permanent et de bâtir une véritable stratégie énergétique ultramarine. Le think tank plaide pour un nouveau pacte énergétique et industriel, qui garantirait à la fois la sécurité des réseaux, renforcerait le sentiment d’appartenance républicaine et ferait de l’énergie un levier économique.

Les Outre-Mer pourraient ainsi devenir des « laboratoires » en matière d’autonomie, d’énergies renouvelables, d’adaptation au changement climatique et de gestion des situations d’isolement.

Une gouvernance à repenser

Lova Rinel propose enfin la création d’une autorité spécifique dédiée aux ZNI. Cette structure aurait pour mission de piloter la transition énergétique en tenant compte des réalités locales, mais aussi de l’inscrire dans une dynamique de développement économique durable.

En somme, l’étude appelle à un changement de regard politique : considérer l’énergie outre-mer non plus comme un problème à compenser, mais comme une opportunité pour innover et préparer la transition énergétique de demain.