Airbnb : une étude révèle l’étendue de l’offre sur le territoire français

En France, 81 % des communes disposent d’au moins une offre d’hébergement Airbnb, selon une étude du centre de réflexion Terram.

29 000 communes françaises sont concernées. Selon une étude du centre de réflexion Terram, qui se base sur des données fournies par l’entreprise américaine, en France, 81 % des communes disposent d’au moins une offre d’hébergement via la plateforme de location touristique Airbnb. Depuis 2013, les réservations via Airbnb se sont largement étendues sur la majeure partie du territoire, mais restent concentrées dans « les grands pôles d’attractivité nationale : littoraux, montagne, patrimoine, grandes métropoles », énumère l’étude.

« L’offre Airbnb s’appuie majoritairement sur le parc résidentiel existant », observe l’Institut Terram, dont Airbnb est un adhérent. Ainsi, sont proposés à la location touristique « le plus souvent » des « logements déjà présents – résidences principales, résidences secondaires ou logements vacants », précise cette source.

Airbnb, créateur de tensions immobilières ?

Les locations Airbnb « bénéficient directement aux territoires y compris ceux dépourvus d’offres hôtelières », se félicite la plateforme dans une déclaration transmise à l’AFP.

L’étude, relue par un comité d’experts indépendants, s’est basée sur des données d’Airbnb concernant « l’évolution du nombre de nuitées, la répartition géographique des annonces et des réservations, ainsi que sur certains profils d’usage ».

Concernant l’impact sur le marché du logement, Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’institut de sondage Ifop et co-auteur de l’étude, estime qu’Airbnb « a pu accentuer des tensions déjà présentes avant », mais pas les créer.

Cependant, compte tenu de cette méthodologie, l’étude passe à côté de « la typologie des logements » loués sur les plateformes, selon Thomas Aguilera, chercheur à Sciences Po Rennes et co-auteur avec Francesca Artioli et Claire Colomb d’un livre sur le logement et les plateformes de location à court terme. Pour comprendre si une éventuelle concurrence entre marché du logement et locations touristiques se manifeste, il faut selon le chercheur s’interroger sur la typologie des biens mis en location sur Airbnb : « résidence principale, résidence secondaire » ou « seulement une partie d’un logement ? ».

Évaluer l’impact d’Airbnb sur la crise du logement et sur le surtourisme passe aussi par une étude de « la concentration de l’offre, du type de l’offre, du niveau de professionnalisation » des loueurs, « de l’intensité de la mise en location », explique à l’AFP Francesca Artioli, chercheuse à l’École d’urbanisme de Paris à l’université Paris-Est Créteil.