Le mardi 13 octobre 2026, l’Institut Terram et Banque Populaire ont présenté, à l’Amphi Banque Populaire Rives de Paris, l’étude « Coopératives : une économie d’ancrage », réalisée par Nadine Levratto, directrice de recherche au CNRS, avec Abdoulaye Kané et Luc Tessier. Cette rencontre a réuni chercheurs et acteurs du monde coopératif pour éclairer la place des coopératives dans l’économie française et leur contribution à la vie des territoires.
Marie Pic-Pâris Allavena, présidente de la Banque Populaire Rives de Paris, a ouvert les échanges. Nadine Levratto a ensuite présenté les principaux enseignements de l’étude, qui cartographie, département par département, le poids des coopératives et son évolution entre 2016 et 2023. L’analyse porte sur les seuls établissements à statut coopératif et leurs salariés directs, afin de mesurer précisément leur implantation et leur contribution à l’emploi.
Une table ronde, animée par Victor Delage, a prolongé cette présentation en croisant les regards et les expériences sur le rôle des coopératives dans les territoires. Aux côtés de l’auteure intervenaient Matthieu Pasquio, directeur général adjoint de La Coopération Agricole, Nicolas Portier, professeur affilié à l’École urbaine de Sciences Po, et Alexei Tabet, directeur de Télomère Conseil. Christophe Bouillon, président de l’Association des Petites Villes de France, a clôturé la matinée.
Le modèle coopératif repose sur deux principes structurants : une voix par associé et des réserves impartageables. Ces règles rendent l’entreprise difficile à céder ou à délocaliser et inscrivent son activité dans une perspective de long terme. Elles donnent ainsi au territoire une place dans sa gouvernance et contribuent à la pérennité de son ancrage local.
L’étude fait apparaître une géographie très contrastée. Les coopératives dessinent un croissant allant de l’Ouest atlantique à l’Alsace, en passant par Paris et la vallée du Rhône, tandis que l’outre-mer et le centre du pays restent en retrait. Cette répartition souligne des différences importantes dans la place qu’occupe le modèle coopératif au sein des économies locales.
Si le nombre d’établissements a reculé de 12,2 % entre 2019 et 2023, l’emploi a résisté, avec près de 4 000 postes créés au plus fort de la crise sanitaire. Les résultats économiques se sont également nettement redressés après 2019. Les salaires y progressent moins vite qu’ailleurs, en contrepartie d’un éventail de rémunérations plus resserré et d’une plus grande stabilité de l’emploi.
À partir de ces constats, l’étude identifie quatre leviers pour l’action publique : soutenir le développement des coopératives dans les territoires où elles sont peu présentes, leur ouvrir des outils de financement adaptés, encourager la transmission d’entreprises sous forme coopérative et faciliter la reprise par les salariés d’entreprises viables en difficulté. Autant de pistes pour conforter leur rôle dans le développement économique et la cohésion des territoires.



