Conseils municipaux : renouer avec l’engagement citoyen

La démocratie municipale connaît aujourd’hui une érosion multiforme : raréfaction des candidatures, abstention, usure et isolement des élus, inégal accès selon le genre, la classe sociale et le territoire. Jadis creusets civiques, les conseils municipaux butent sur des freins cumulatifs – charge temporelle, inflation normative, déficit de reconnaissance – qui en hypothèquent le renouvellement. L’analyse révèle une mosaïque de vulnérabilités, différenciées selon la morphologie territoriale, et une crise du mandat lui-même. Ce travail s’appuie sur une enquête inédite de l’Institut Terram et du Laboratoire de la République, menée par l’Ifop auprès de 10 000 Français, croisée avec un corpus d’études universitaires, d’expériences européennes et d’auditions d’associations d’élus. L’objectif est de remonter aux sources du désenchantement, d’en cartographier les manifestations et de tracer des orientations opérationnelles propres à restaurer sens, légitimité et désir d’engagement local.

Énergie en Outre-mer : enjeux d’un service public sous contrainte

Les zones non interconnectées (ZNI) désignent les territoires français, majoritairement ultramarins, qui ne sont pas reliés au réseau électrique continental. Dans ces espaces, produire et distribuer de l’électricité relève d’un défi logistique, technologique et politique. Pour y garantir un prix identique à celui de la métropole, l’État applique un principe unique au monde : la péréquation tarifaire. Pourtant, derrière ce principe d’égalité les inégalités persistent. Coupures fréquentes, infrastructures vieillissantes, dépendance aux énergies fossiles, absence de stratégie industrielle…, l’énergie y reste un bien fragile, plus subi que maîtrisé. Dans les ZNI, l’électricité ne garantit pas seulement la lumière : elle conditionne l’appartenance républicaine, la cohésion sociale et la capacité à se projeter dans l’avenir.

Saisir les enjeux environnementaux par les territoires

Cette étude révèle un fort attachement des Français aux enjeux écologiques, quel que soit leur lieu de vie. Toutefois, ce consensus de principe se heurte à de fortes disparités territoriales dès lors qu’il s’agit de leur mise en oeuvre concrète. Dans les zones rurales et les petites villes, les politiques écologiques sont souvent perçues comme injustes, inadaptées ou trop coûteuses individuellement. À l’inverse, les grandes métropoles affichent une adhésion plus marquée, y compris lorsqu’un effort personnel est requis. Reposant sur la méthode innovante de régression multiniveau avec poststratification, cette étude offre une lecture fine et territorialisée des attentes citoyennes à l’échelle communale. Elle plaide pour une écologie située, construite avec les territoires.

Mobilités : la santé mentale à l’épreuve des transports

La mobilité structure nos vies quotidiennes et influence notre bien-être. Pourtant, son impact sur la santé – et plus encore sur la santé mentale – demeure un angle mort persistant, souvent éclipsé par des lectures techniques, économiques ou environnementales. Ressource ou contrainte, elle façonne des expériences variées : fluide, elle favorise autonomie et liberté ; entravée, elle génère stress et fatigue. Les effets dépendent fortement du mode de transport et du contexte territorial. Dans les zones rurales, la dépendance à la voiture renforce l’isolement, tandis qu’en ville, densité et saturation dégradent aussi l’équilibre mental. L’enquête a été menée auprès de 3 300 Français âgés de 18 ans et plus, du 31 janvier au 2 février 2025.

Eau sous tension : les Français face aux défis hydriques de leurs territoires

Les inquiétudes relatives à l’eau s’avèrent plurielles et imbriquées : qualité de l’eau potable, accès à la ressource, augmentation des catastrophes naturelles ou encore inégalités territoriales. Ces préoccupations sont façonnées par divers facteurs, notamment l’expérience individuelle des citoyens face aux tensions hydriques, la vulnérabilité différenciée des territoires, ainsi que des clivages socio-économiques et politiques. En identifiant les obstacles rencontrés et le degré d’acceptabilité de différentes mesures, cette étude s’attache à éclairer les attentes des Français en matière de gouvernance et d’action publique autour de l’eau. Elle a été menée auprès de 5 000 Français âgés de 18 ans et plus, du 24 au 29 janvier 2025.

La responsabilité territoriale des entreprises (RTE) : valoriser l’impact local

Originellement volontaire, la responsabilité sociale des entreprises (RSE) visait à répondre aux critiques du capitalisme en assignant aux entreprises des objectifs au-delà du profit. Elle a progressivement imposé des obligations légales, touchant d’abord les grandes entreprises avant de s’étendre aux plus petites. Paradoxalement, l’UE renforce ces contraintes tout en ouvrant ses marchés à la concurrence. En réponse, la responsabilité territoriale des entreprises (RTE) émerge, valorisant l’ancrage local et impliquant les acteurs publics. Contrairement à la RSE, la RTE adapte les stratégies aux réalités locales, un levier que la France devrait exploiter pour sa compétitivité.

(Re)mettre Walincourt sur la carte

La parution récente du film « En fanfare » et son succès constituent l’un des symptômes du regain d’intérêt pour la province mais il éclaire également les transformations du pays. À travers l’opposition des deux personnages principaux, le film renvoie au clivage entre les « Somewhere », profondément ancrés dans leurs territoires, et les « Anywhere », ces élites mobiles et mondialisées. L’étude s’intéresse également à l’impact de la désindustrialisation et à la transformation de l’identité ouvrière, tout en soulignant l’influence croissante de l’américanisation sur la culture populaire.
Les ruraux face aux déchets sauvages : principes, pratiques, attentes

Les ruraux face aux déchets sauvages : principes, pratiques, attentes

Cette étude explore pour la première fois le rapport des ruraux vis-à-vis des déchets sauvages. Les données récoltées mettent en lumière une dissonance entre principes et pratiques : si les habitants des campagnes, en première ligne face aux bouleversements environnementaux, affichent un profond respect pour leur cadre de vie et condamnent fermement les incivilités liées à l’abandon de déchets, une proportion non négligeable continue à pratiquer le littering. L’étude s’intéresse également aux attentes des habitants en matière de solutions. L’enquête a été administrée par Opinion Way et menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 082 résidents ruraux français âgés de 18 ans et plus.

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