Coopératives : une économie d’ancrage

Banques mutualistes, coopératives agricoles, Scop et réseaux de commerçants font partie du quotidien des Français. Leur rôle dans les territoires reste pourtant mal connu, faute de données précises. Cette étude y remédie en mesurant, département par département, le poids des coopératives et son évolution. Le modèle repose sur deux règles simples. Les réserves accumulées ne peuvent pas être partagées entre les associés, et chacun d’eux dispose d’une voix quel que soit son apport. Il en résulte des entreprises difficiles à délocaliser, tournées vers l’emploi et le long terme. Ces caractéristiques intéressent l’action publique. La coopérative offre une solution pour transmettre une petite ou moyenne entreprise sans repreneur ou pour sauver une entreprise en difficulté. À l’heure où la souveraineté économique occupe le débat politique, cette étude invite à considérer les coopératives comme un levier de développement local encore peu mobilisé.

Réindustrialiser : le nouvel impératif territorial

Après plusieurs années de rebond, l’industrie française traverse une nouvelle zone de turbulences. Fermetures de sites, plans sociaux et destructions d’emplois rappellent la fragilité d’un appareil productif profondément affaibli depuis le début du siècle : en vingt-cinq ans, la France a perdu près d’un million d’emplois manufacturiers. Un nouveau cycle s’ouvre pourtant. Transition énergétique, décarbonation, souveraineté économique et sécurisation des approvisionnements font émerger de nouveaux besoins industriels. Pour la France, cette nouvelle donne constitue une opportunité, à condition de replacer les territoires au cœur de la stratégie industrielle. Régionaliser davantage les politiques industrielles, renforcer la coopération entre acteurs publics et privés, sécuriser le foncier, l’accès à l’énergie, les compétences et les infrastructures : autant de conditions pour inscrire ce renouveau dans la durée.

Décentraliser : subsidiarité contre vetocratie

À quoi bon voter si le vote ne produit rien ? L’abstention record aux municipales de 2026 révèle une crise du pouvoir d’agir. La France s’est transformée en « vétocratie », où chacun peut empêcher sans que personne ne décide : veto de compétence, de procédure ou de financement. Ni la différenciation territoriale ni le fédéralisme ne résoudront cette impasse. Une autre voie existe : la subsidiarité. Donner aux collectivités un véritable droit d’initiative, désigner un pilote pour chaque politique et leur rendre des leviers réglementaires et fiscaux. À l’approche de 2027, c’est une condition pour rendre la République décentralisée à nouveau gouvernable.

Atlas des élections municipales 2026. Radiographie du vote urbain

L’Institut Terram publie un atlas inédit des élections municipales de 2026 dans les quarante-deux plus grandes communes françaises. Réalisée à l’échelle des bureaux de vote, cette étude révèle les géographies électorales que masquent les résultats communaux. En croisant vote, données sociales et démographiques, elle met au jour les fractures internes aux villes et les ancrages territoriaux des principales forces politiques. Chaque commune est analysée à travers des cartes fines, les résultats des deux tours et un commentaire. À un an de la présidentielle, cet atlas constitue une référence pour comprendre les recompositions électorales à l’œuvre.

Vacances : histoire et géographie d’un droit inachevé

Alors que la France célèbre son rang de première destination touristique mondiale, 19 millions de Français ne sont pas partis en vacances en 2025, dont 9,5 millions faute de moyens. Conquis en 1936, l’accès aux vacances a quitté l’agenda public lorsque le tourisme est devenu une industrie tournée vers les clientèles internationales. La géographie a fait le reste, 1 % des communes concentrant la moitié des hébergements marchands et la montée en gamme écartant les ménages modestes. L’étude retrace un siècle de construction de l’outil touristique français, cartographie la répartition de l’offre, dresse le premier panorama consolidé des aides au départ et formule plusieurs orientations pour l’action publique.

Artisans et commerçants : fabrique de la cohésion en ruralité

Les dirigeants de TPE rurales présentent un fort ancrage territorial, qui favorise des relations de confiance et un engagement local, mais les coopérations entre entreprises et avec les acteurs publics demeurent inégales. Si les difficultés de recrutement constituent le principal frein, la ruralité est rarement perçue comme un handicap. L’étude souligne ainsi l’enjeu de renforcer les cadres collectifs pour transformer la proximité géographique en véritable capacité d’action. Ces résultats reposent sur une enquête auprès de 893 dirigeants et L’étude met en lumière les liens qu’entretiennent les dirigeants de TPE rurales avec leur territoire. Si leur ancrage local est fort et leur engagement fréquent, les coopérations demeurent inégales et les difficultés de recrutement persistent. Elle souligne ainsi l’enjeu de renforcer les cadres de coopération locale. L’analyse est fondée sur une enquête auprès de 893 dirigeants et une vingtaine d’entretiens.

Le pouvoir d’agir des territoires : mythe ou réalité ?

Quarante ans après les lois Defferre, la décentralisation bute sur un paradoxe. Les collectivités n’ont jamais eu autant de compétences et nombre d’élus se disent pourtant empêchés d’agir. Au fil de réformes jamais mises en cohérence, l’État a perdu la capacité d’agir lui-même sans renoncer à gouverner. Le système est devenu illisible, où décider ne suffit plus à faire. L’étude avance six propositions pour redonner aux territoires des prises concrètes. Le vrai enjeu n’est plus de décentraliser plus ou moins, il est de choisir enfin un modèle, ce que la France n’a jamais osé faire.

Transition industrielle : du récit national aux territoires stratèges

La réindustrialisation fait l’objet d’un consensus politique trompeur qui masque les arbitrages réels qu’elle impose. Loin du récit « gagnant-gagnant », la transition industrielle intensifie la concurrence entre usages du foncier, de l’énergie, de l’eau et du travail. L’étude propose une lecture matérialiste de ces tensions à partir du cas des Pays de la Loire, première région industrielle de France au regard du poids de l’industrie dans l’emploi. L’enjeu réel tient dans une capacité d’arbitrage qui clarifie les contraintes, assume des renoncements et mobilise les instruments disponibles, sous condition d’un cadre national et européen stable.

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