Nos Communes. Un avenir civique à réinventer

Auteur(s)

Benjamin Morel est constitutionnaliste, docteur en sciences politiques à l’ENS Paris-Saclay et maître de conférences à l’université Paris Panthéon-Assas. Il dirige le conseil scientifique de la Fondation Res Publica, occupe le poste de secrétaire général du Laboratoire de la République et est membre du comité scientifique de l’Institut Terram. Ses recherches se concentrent principalement sur le fonctionnement du Parlement, les dynamiques des collectivités territoriales et les évolutions du système politique français.

Résumé

L’ouvrage propose un diagnostic sans concession de l’érosion multiforme de la démocratie municipale : raréfaction des candidatures, progression de l’abstention, usure des élus et profondes inégalités d’accès liées au genre, à la classe sociale et aux territoires. Les conseillers municipaux se heurtent à une charge temporelle croissante, à l’inflation normative et à un déficit persistant de reconnaissance. Benjamin Morel esquisse trois trajectoires possibles : le délitement progressif, la rationalisation technocratique et la refondation civique. Cette dernière suppose une revalorisation statutaire et symbolique de la fonction d’élu, un abaissement des seuils d’accès aux mandats, un soutien accru aux listes citoyennes et une clarification de la gouvernance multiniveaux. Un enjeu démocratique majeur.

Le livre

L’ouvrage Nos Communes. Un avenir civique à réinventer marque une étape importante pour l’Institut Terram. Il inaugure en effet un nouveau cycle éditorial avec les éditions Terre à terres de l’Aube. À quelques semaines des élections municipales, il était naturel d’en consacrer le lancement à ce qui demeure le socle le plus concret de notre vie démocratique : la commune.

Un conseil municipal se tenant un soir de semaine n’a rien d’un moment héroïque. Des tables assemblées à la hâte, des dossiers épais, des élus arrivant directement de leur travail. On y parle de trottoirs, de normes, de budgets…, de choses à la fois modestes et essentielles. La démocratie, ici, ne fait pas spectacle. Elle se tient à bas bruit. Et c’est cette démocratie ordinaire que le livre invite à regarder en face : celle des décisions locales répétées qui vacille lorsque ceux qui la font vivre commencent à se demander à quoi bon.

Benjamin Morel part d’un diagnostic lucide : la démocratie municipale, longtemps présentée comme le dernier refuge de la confiance civique, se fragilise silencieusement. Raréfaction des candidatures, progression des démissions en cours de mandat, fatigue mentale des élus, inégalités d’accès liées au genre, à la classe sociale et aux territoires : derrière la proximité symbolique de la commune, un écart grandit entre la promesse d’égal accès à la représentation et le coût réel de l’engagement.

La difficulté ne tient pas seulement au renouvellement des vocations mais aussi aux conditions mêmes d’exercice du mandat municipal. Souvent bénévole ou faiblement indemnisé, celui-ci s’inscrit désormais dans un environnement normatif dense, marqué par les transferts de compétences et par une dépendance financière accrue à l’État. Le maire reste une figure cardinale de l’imaginaire républicain ; son pouvoir effectif, lui, s’est morcelé et technicisé.

Face à ce diagnostic, l’auteur dessine trois trajectoires possibles : le délitement progressif, la rationalisation technocratique ou la refondation civique. Cette dernière implique d’admettre que la démocratie a un coût, en temps, en protection, en reconnaissance, en marges de décision. Revaloriser le statut de l’élu, lever les obstacles sociaux et symboliques à l’entrée, clarifier la gouvernance multi-niveaux, redonner sens à l’engagement local : telles sont les conditions d’un véritable rebond.

À l’heure où les institutions nationales concentrent l’attention, ce livre rappelle une évidence trop souvent oubliée : la République ne se régénérera pas uniquement par le haut. Elle se reconstruira ou se défera dans ces espaces ordinaires que sont les communes, là où la démocratie tient par la présence obstinée de celles et ceux qui acceptent d’en porter la charge.

Commander le livre directement ici (15 euros)

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