Longtemps, la ruralité a occupé une place marginale dans les représentations nationales, à l’image des femmes qui y vivent. Trop souvent invisibilisées dans les données statistiques, les politiques publiques et les récits collectifs – encore marqués par des représentations archaïques ou folklorisées –, elles sont pourtant au cœur de la vitalité économique, sociale et démographique de nos territoires.
S’appuyant sur une étude inédite, intitulée Ce que vivent (vraiment) les femmes rurales, menée par l’Institut Terram et Rura, cette soirée, organisée avec le soutien de la Macif, a permis de mettre en lumière les réalités concrètes et les défis structurels qui façonnent la vie des 11 millions de Françaises vivant dans les territoires ruraux : distances plus longues et plus coûteuses, services essentiels plus éloignés, charges accrues, niveaux de revenus et marges financières plus contraints, dépendances économiques renforcées. Autant de facteurs qui pèsent durablement sur leurs trajectoires professionnelles, leur autonomie et leurs conditions de vie.
Ces constats ont nourri de riches échanges, réunissant :
- Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations ;
- Michel Fournier, ministre délégué chargé de la Ruralité ;
- Jean-Louis Grosse-Delasalle, président de la Macif ;
- Salomé Berlioux, fondatrice et directrice générale de Rura ;
- Victor Delage, fondateur et directeur général de l’Institut Terram ;
- Odile Ezerzer, directrice Finance Épargne Macif ;
- Jean Viard, sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof-CNRS ;
- Félix Assouly, directeur du plaidoyer et de l’influence de Rura.
Les discussions ont confirmé une réalité encore trop souvent invisibilisée : pour les femmes vivant dans les territoires ruraux, la mobilité demeure contrainte, l’offre de garde insuffisante, les services essentiels éloignés, et les parcours professionnels fréquemment fragmentés par les temps partiels subis ou les emplois saisonniers, sans oublier le coût élevé des déplacements. Autant de freins structurels qui réduisent leurs capabilités, alourdissent la charge mentale et limitent leur accès à un emploi qualifié, à la formation, à la progression professionnelle et, plus largement, à une véritable autonomie financière.





