L’étude lancée par l’Institut Terram et l’association Chemin d’avenirs montre que 53 % des jeunes ruraux se sentent mal desservis pour le bus et ce nombre grimpe à 62 % pour les trains au niveau national.
Au niveau régional, la Région Occitanie ne « cesse de favoriser sa politique pour développer la mobilité des jeunes » estime Jean-Luc Gibelin, vice-président de SNCF Occitanie. Depuis 2018, les partenaires ont chuté les prix pour tendre vers la « gratuité des transports » pour les jeunes de 12 à 26 ans.
Cette gratuité se traduit par la mise en place de leur dernière offre « + = 0 ». Disponible depuis le 22 décembre dernier, elle permet au 12-26 ans de disposer des 10 premiers trajets à – 50 % et d’activer la gratuité à partir du 11e trajet dans les trains et car liO. « Une gamme tarifaire attractive perçue comme un contrat de fidélité », affirme Jean-Luc Gibelin.
Depuis le lancement de l’offre, la SNCF enregistre plus de 2 500 jeunes inscrits dans les Hautes-Pyrénées. Plus de 5 000 déplacements des 12-26 ans ont été effectués sur le réseau de cars liO du département depuis début janvier.
La voiture s’impose
Conscient des difficultés de transport dans certaines zones reculées, le vice-président tient à rappeler qu’il existe des solutions de transport à la demande. Mis en place avec la collaboration des communautés de communes, ce sont des « lignes virtuelles » permettant de rejoindre en taxi les gares les plus proches de chez vous. Le prix sera intégré à l’achat du billet de train.
D’autres solutions existent, comme l’aide au covoiturage pour les jeunes de 18 à 26 ans. La Région, rembourse à hauteur de 2 € par trajet, les distances inférieures à 30 km. Par exemple sur Blablacar Daily, pour un trajet Tarbes-Lourdes (23 km) au prix de 3 € il ne vous restera à charge qu’un euro.
Selon l’étude, 77 % des jeunes ruraux passe leur permis de conduire entre 18 et 24 ans. Conséquences des inscriptions dans les autos-écoles. Laure Joanny, directrice pédagogique à l’auto-école « L’école de la route » estime » que 50 % de la clientèle sont des jeunes de 15 à 17 ans venues passer le permis accompagné » sur plus de 2 500 inscriptions à l’année.
La Mission Locale : objectif mobilité !
Sans transport, la recherche d’emploi peut également s’avérer ardue. En effet selon l’Institut Terram, 38 % des jeunes ruraux ont déjà renoncé à passer un entretien en raison des difficultés de déplacement. C’est dans ce cadre que la Mission Locale s’engage dans la mobilité.
Tout d’abord, un conseiller de service est mis à disposition afin d’amener les jeunes sans aucun moyen de transport lors des jobs dating. Une aide qui s’accompagne également de la gratuité des transports en commun. Autre option, la mise à disposition de trois voitures sans permis situés à Lannemezan, Saint-Laurent-De-Neste et dans la communauté de communes d’Adour Madiran.
L’aide la plus populaire reste pour le permis. Seuls ceux déjà inscrits dans une auto-école peuvent en bénéficier, un chèque de 1 300 € est remis en trois coupons. En plus, un microcrédit est disponible pour « l’achat d’un premier véhicule sur dossier » rajoute Valérie Pomiès, directrice opérationnelle de la Mission Locale des Hautes-Pyrénées.
À ce jour, « c’est la communauté de communes d’Adour Madiran qui recense le plus fort taux de jeunes ruraux du département possédant le permis avec 36 % sur 275 jeunes », conclut Valérie Pomiès.
